mardi 23 janvier 2018

Califat

Page d’aide sur l’homonymie Pour les articles ayant des titres homophones, voir Califa et Kalifa.
Un califat ou khalifat (arabe : خِلافة) est par métonymie le territoire et la population musulmane qui y vit reconnaissant l'autorité d'un calife (arabe : خليفة, littéralement "un successeur", ici de Mahomet, le prophète de l'Islam) dans l'exercice politique du pouvoir1.
Ce mot sert aussi à désigner le régime politique lui-même et la période pendant laquelle il s'exerce (par exemple, « pendant le califat de Haroun Ar-Rachid »). À noter toutefois que le terme khalîfa (califat) n’a pas un emploi restreint à cet usage politique dans la langue arabe.
Plusieurs califats ont existé depuis la fondation de l'islam, à la suite des luttes que se livrèrent les différents prétendants au titre de successeur du prophète Mahomet, après les quatre premiers califes, dits « bien guidés ». Les plus importants sont les suivants :

Sommaire


Sources religieuses

Dans le Coran

Le terme Califat (khalîfa) est employé dans le Coran pour désigner Adam, successeur des Anges et de Dieu ou pour David, roi d’Israël. Il n’a pas le sens technique de chef de la communauté islamique qui ne fut adopté qu’à la mort du Prophète.
L'usage actuel du terme de Califat pour la communauté musulmane vient des interprétations suivantes : on doit religieusement obéir au Prophète et aux autorités (ici morales, ceux à qui il a été accordé la connaissance) (Coran : 4, 59). De là il semble qu’on puisse en déduire que l’obéissance est due à son successeur (le calife) puisque c’est le représentant de l’umma islamique qui commande le bien et interdit le mal. Son autorité viendrait alors de Dieu, via l’umma. Mais Dieu peut le dépouiller de son pouvoir (Coran 3, 26). Les bons musulmans en outre se consultent sur leurs affaires (Coran : 3, 159 ; 42, 38)2.
La principale question et source de divergences entre les différents courants théologiques est le sens que l'on donne à ce successeur et éventuellement à son choix (existence du concept après Abou Bakr (Omar ibn al-Khattâb s'étant lui-même fait appeler Amir Al moumim et non Calife), élection parmi les musulmans (sunnite), préférence pour la descendance du prophète, voire via la branche de Hussein ibn Ali (chiite), etc.)

Les premiers califes (632-661)

Article détaillé : Rashidun.
À la mort de Mahomet, en 632, un différend naît entre les habitants de Médine et de La Mecque concernant la succession du prophète de l'islam. Certains préfèrent une succession issue de la famille en proposant notamment Ali son gendre et cousin pour lui succéder. Les compagnons s'y opposent et nomment Abou Bakr : le premier calife sera donc Abou Bakr (ou Aboubakar) qui poursuit la conquête de la péninsule d'Arabie. À sa mort en 634, son proche conseiller Omar lui succède. Celui-ci conquiert la Palestine, la Mésopotamie, l'Égypte et la Perse ; en 644, il est poignardé par Abu Lu'lu'a (un esclave persan non musulman) dans la mosquée alors qu’on s’apprêtait à effectuer la prière de l’aube (Salat Al-Fajr). Après sa mort, un troisième calife fut désigné par consultation des compagnons de Mahomet : Uthman (644-656). Le quatrième calife est Ali, cousin et gendre du prophète de l'islam (656-661). Les khoulafah Rashidun ou bien les « quatre califes bien guidés » est un terme employé dans l'islam sunnite et en règle générale pour se rapporter aux quatre premiers califes.

Les Omeyyades (661-750)

Articles détaillés : Omeyyades et Omeyyades de Cordoue.
Les Omeyyades (ou Umayyades) sont une dynastie de califes qui gouvernèrent le monde musulman de 661 à 750, établissant leur capitale à Damas. Ils tiennent leur nom d'un de leurs ancêtres, Umayya. Ils appartenaient à la tribu des Quraychites, tribu dominante à La Mecque au temps de Mahomet. Après s'être opposés à celui-ci, ils l'avaient rejoint au dernier moment.
Les Omeyyades étaient liés avec le troisième calife, Uthman. Quand celui-ci fut assassiné, des opposants portèrent au pouvoir Ali, cousin et gendre de Mahomet, tous ceux qui étaient liés à Uthman crièrent vengeance, notamment l'omeyyade Mu`âwîya, qui était alors gouverneur de Syrie. À la suite de quelques combats, Ali fut écarté du pouvoir par un arbitrage, et Muawiya fut proclamé calife par les Syriens (661). Celui-ci ayant été assassiné la même année par les kharidjites, ses anciens partisans, plus rien ne s'opposa ensuite au règne des califes omeyyades.
Vue de la Grande Mosquée de Kairouan également appelée mosquée Oqba Ibn Nafi ; fondée en 670 par le général omeyyade Oqba Ibn Nafi (mais son aspect actuel date essentiellement du IXe siècle), elle est la plus ancienne et la plus prestigieuse mosquée de l'Occident musulman et témoigne de l'expansion du califat omeyyade au Maghreb3. La Grande Mosquée de Kairouan est située dans la ville de Kairouan en Tunisie.
Cependant, à partir des années 680, une série de troubles internes faillit mettre fin à cette dynastie, mais elle réussit toujours à reprendre le dessus :
En 680, à la mort de Muawiya, les notables de la ville majoritairement chiite de Koufa, en Mésopotamie, voulurent mettre sur le trône Husayn, second fils d'Ali. Ils furent écrasés à Kerbala par une armée omeyyade. En 683, un notable quraychite, Abd Allah ben az-Zubayr, souleva en Arabie les deux villes saintes de La Mecque et Médine, et étendit son pouvoir jusqu'à la ville de Basra (Bassora), en Irak. En même temps éclatait à Kufa une révolte organisée par Mukhtar au nom d'un des fils d'Ali. De plus, divers groupes kharidjites suscitaient des désordres en Arabie méridionale, en Iran central et en Haute Mésopotamie.
Heureusement pour les Omeyyades, les divers groupes insurgés n'avaient aucune union entre eux. Les Kharidjites ne s'étendirent pas hors des déserts ; Abd Allah fut vaincu par le calife Abd al-Malik, tandis que Mukhtar était écrasé par le frère d'Abd Allah, qui gouvernait Basra.
Les adversaires du régime l'accusaient d'impiété pour diverses raisons :
  • il avait usurpé la place et versé le sang de la famille du prophète de l'islam ;
  • il aurait été trop indifférent à l'islam et à ses règles, notamment en négligeant de convertir les populations conquises.
Grâce aux conquêtes, le califat omeyyade connaît une vaste expansion ; il s'étend à l'ouest au Maghreb (fondation de Kairouan dans l'actuelle Tunisie) et à l'Espagne, alors qu'à l'est, il annexe la Transoxiane et le Sind4.
Les Omeyyades ont longtemps préféré faire payer aux non-musulmans des impôts (capitation et impôt foncier) plutôt que de les convertir. Cependant les successeurs d'`Abd al-Malik choisirent une solution plus souple : on encouragea les conversions, et pour les convertis la capitation fut remplacée par l'aumône légale du croyant; mais l'impôt foncier fut maintenu sur leurs terres (sous prétexte que celles-ci n'étaient pas converties).
Les Omeyyades furent ensuite détrônés en 750 par les Abbassides, qui fondèrent leur propre dynastie. Presque tous les membres de la famille furent massacrés, mais le prince `Abd ar-Rahman Ier, réussit à s'enfuir, à gagner l'Espagne et à y établir une nouvelle dynastie à Cordoue. L'émir `Abd al-Rahman III prit le titre de calife en 929, affirmant ainsi la complète indépendance de Cordoue.

Les Abbassides (750-1258)

Article détaillé : Abbassides.
La nouvelle dynastie abbasside a conservé la fonction de calife jusqu'au XVIe siècle, mais ces califes n'ont exercé la réalité du pouvoir que durant certaines périodes limitées.

Apogée et déclin (750-945)

Les commencements du règne abbasside furent marqués par une réforme de l'empire prenant mieux en compte les populations non arabes et non musulmanes. Ce fut également une époque de développement urbain, symbolisé par la nouvelle capitale, Bagdad, fondée par Al-Mansûr en 762. Cependant, le pouvoir fut rapidement déstabilisé, en particulier par la forte présence de mercenaires turcs dans l'armée et dans la garde du calife. Les tensions provoquées par cette situation amenèrent les califes à déplacer la capitale à Samarra entre 836 et 883.
Par ailleurs, dès le IXe siècle, l'autorité du calife s'estompa à la périphérie de l'empire. La Tunisie et la Tripolitaine prirent leur autonomie sous la conduite des Aghlabides, l'Égypte sous celle des Toulounides. La Transoxiane et le Khorasan se trouvèrent successivement sous la domination des Tahirides, des Saffarides puis des Samanides.
Le pouvoir abbasside acheva de s'affaiblir avec la fondation du califat schismatique fatimide, mais surtout, en matière de politique interne, avec l'importance croissante des vizirs et des émirs turcs. En 936 est créée la fonction de grand émir dont le pouvoir est très étendu, tant dans le domaine militaire que dans les finances.

Le califat sous tutelle (945-1180)

Après s'être réduit progressivement, le statut du calife ne fut plus que celui, symbolique, de « commandeur des croyants », et la réalité du pouvoir politique fut assurée par des dynasties non arabes.

Les Bouyides (945-1055)

Article détaillé : Bouyides.
La famille des Bouyides, d'origine iranienne, s'empara en 945 de la fonction de grand émir et domina essentiellement l'Irak et l'Iran.

Les Seldjoukides (1055-1180)

Article détaillé : Seldjoukides.
Au début du XIe siècle, la tribu turque des Oghouzes, dominée par le clan des Seldjoukides, envahit les provinces orientales de l'empire arabe puis l'Iran. En 1055, leur chef Tuğrul Bey prit Bagdad et se fit reconnaître comme sultan. Son ambition affichée était de réinstaurer la légitimité d'un pouvoir sunnite face aux Bouyides chiites et au califat fatimide qui avait progressé vers l'Égypte puis jusqu'en Syrie et au Hedjaz, et de reprendre possession au nom du calife les villes saintes de La Mecque, de Médine et de Jérusalem.
De fait, le pouvoir seldjoukide s'empara de la Syrie (mais les Croisés prirent Jérusalem en 1099) et l'Asie mineure. Mais rapidement des rivalités se firent jour entre les différents clans turcs et le pouvoir des sultans diminua.

Le renouveau du pouvoir abbasside (1180-1258)

Le déclin des sultans seldjoukides permit au calife An-Nasir de restaurer son autorité sur l'Irak. Mais l'invasion mongole de 1258-1260 et l'exécution d'Al-Musta'sim mirent un terme définitif au pouvoir abbasside.

Les califats d'Afrique du Nord et d'Andalousie (909-1269)

Le califat fatimide (909-1171)

Les Fatimides (également appelés Obeydides ou Banu Ubayd depuis le Manifeste de Bagdad) ont formé une dynastie califale chiite ismaélienne qui régna, depuis l'Ifriqiya (entre 909 et 969) puis depuis l'Égypte (entre 969 et 1171), sur un empire qui englobait une grande partie de l'Afrique du Nord, la Sicile et une partie du Moyen-Orient.
Issus de la branche religieuse chiite des ismaéliens — pour laquelle le calife doit être choisi parmi les descendants d'Ali, cousin et gendre du prophète de l'islam Mahomet, les Fatimides considèrent les Abbassides sunnites comme des usurpateurs de ce titre. L'établissement de leur califat débute au Maghreb, grâce à l'appui des BerbèresKutama, grande tribu qui était établie à l'Est de l'actuelle Algérie qui vont renverser le pouvoir local Aghlabide. Après un intermède en Ifriqiya, ils finiront par s'établir dans la ville du Caire qui pendant leur règne prendra un essor considérable.
Voir Fatimides et Califat fatimide

Le califat de Cordoue (929-1031)

Le califat de Cordoue fut le califat occidental sur lequel régna la branche des Omeyyades dite des Omeyyades de Cordoue, concurrent des Abbassides dans la civilisation islamique alors à son apogée. Son extension maximale atteint plus de 80 % de la péninsule Ibérique et fait suite aux invasions musulmanes en Europe occidentale.
Le nom « califat occidental » correspondant à Cordoue s'oppose au « califat abbasside » situé à Bagdad, pendant la période de leur coexistence.
Voir Califat de Cordoue

Le califat Almohade (1147-1269)

Les Almohades sont un mouvement religieux fondé au début du xiie siècle, dont est issue la dynastie éponyme d'origine berbère qui gouverne le Maghreb et al-Andalus entre le milieu du xiie siècle et le xiiie siècle.
Le mouvement religieux des Almohades est fondé vers 1120 à Tinmel par Mohammed ibn Toumert, appuyé par un groupe de tribus masmoudiennes du Haut Atlas marocain principalement des Masmoudas. Ibn Toumert prône alors une réforme morale puritaine et se soulève contre les Almoravides au pouvoir à partir de son fief de Tinmel.
À la suite du décès d'Ibn Toumert vers 1130, Abd al-Mumin prend la relève, consolide sa position personnelle et instaure un pouvoir héréditaire, en s'appuyant sur les Koumyas de la région de Nedroma dans l'ouest algérien ainsi que les Hilaliens7. Sous Abd al-Mumin, les Almohades renversent les Almoravides en 1147, puis conquièrent leMaghreb central hammadide, l'Ifriqiya (alors morcelée depuis la chute des Zirides) et les Taïfas. Ainsi, le Maghreb et l'al-Andalus sont entièrement sous domination almohade à partir de 1172.
À la suite de la bataille de Las Navas de Tolosa en 1212, les Almohades sont affaiblis et leur empire se morcelle au profit des rois des Taïfas en al-Andalus des Zianides du Maghreb Central et des Hafsides, et voit l'émergence desMérinides au Maghreb al-Aksa qui prennent Fès en 1244. Les Almohades, qui doivent désormais payer tribut aux Mérinides et ne contrôlent plus que la région de Marrakech, sont finalement éliminés par ces derniers en 1269.
Voir Almohades

Fin des califats et période des sultanats (1261-1517)

Le sultanat mamelouk (1261-1517)

Article détaillé : Mamelouk.
Al-Mustansir, un membre de la famille abbasside, se réfugia en ÉgypteSaladin avait détruit la dynastie fatimide en 1171 et que dirigeaient les Mamelouks depuis 1250. Le sultan mamelouk Baybars fit reconnaître Al-Mustansir comme calife afin de légitimer son autorité politique. Mais, de fait, la lignée de calife qui subsista sous le sultanat mamelouk n'avait plus la moindre parcelle de pouvoir et possédait un titre purement honorifique. En 1517, le sultan ottoman Selim Ier conquit l'Égypte, mettant fin au sultanat mamelouk et, du même coup, au califat abbasside.

Autres sultanats notables

  • Les mérinides
  • Les hafsides

L'institution du califat ottoman (1517-1924)

Article détaillé : Empire ottoman.
Une tradition tardive rapporte que Selim Ier a voulu perpétuer l'institution suprême de l'islam en assumant à son tour le titre de calife5. Ce fait est invérifiable et largement mis en doute par les historiens arabes, mais les sultans ottomans furent en effet considérés comme porteurs de cette dignité. On peut en voir une illustration dans le soin que Mustafa Kemal Atatürk prit d'abolir officiellement l'institution du califat le 3 mars 1924, deux ans après celle du sultanat6. Le dernier et 101e calife (en partant d'Abu Bakr) de la maison ottomane, Abdul-Medjid, mourut en exil à Paris, en 1944. Il fut enterré dans la ville sainte de l'islam, Médine, en Arabie Saoudite7.

Fin du califat (1924)

Article détaillé : Abolition du califat.
Après le démantèlement de l'Empire Ottoman, le califat est aboli le .
Le , une tentative pour le rétablir est lancée par le chérif de La Mecque Hussein Al-Rachid (aïeul de la dynastie régnant actuellement en Jordanie), allié des Britanniques durant la Première Guerre mondiale. Son objectif est la fonction de calife du monde musulman. Sa tentative échoue face à l'existence de plusieurs états dans la région, notamment la dynastie des Saouds (Abdel Aziz ibn Saoud) qui contrôle les lieux saints.
Des historiens et des spécialistes du monde musulman considèrent qu'il n'existe plus après 1924 ni calife ni califat sur tout ou une grande partie du monde musulman8,9.

Au XXIe siècle

Au XXIe siècle, la volonté de restauration du califat est présente dans un certain nombre de formations politiques. Certaines organisations souhaitent y parvenir par la voie politique, et d'autres, souhaitent y parvenir par la guerre. À ce jour, il n'existe aucune démarche politique visant à fusionner tous les pays musulmans (hormis les initiatives des courants jihadistes).

Islam politique

Certains mouvements panislamiques de l'islam politique, comme le Hizb ut-Tahrir ou les Frères musulmans, ont dans leur programme politique la volonté de restaurer le califat.

Jihadisme

Article détaillé : État islamique (organisation).
De nombreux mouvements jihadistes et extrémistes ont pour projet politique la restauration du califat, qu'ils partagent avec les mouvements issus de l'islam politique dont Al-Qaïda qui utilise la violence pour y parvenir10.
Le dimanche 29 juin 2014, l'État islamique en Irak et au Levant a été le premier des mouvements djihadistes à prétendre avoir rétabli le califat en proclamant calife son chef Abou Bakr al-Baghdadi, sous le nom d'Ibrahim, le mouvement djihadiste exigeant de tous les musulmans de lui prêter serment d'allégeance11. Quelques groupes djihadistes à travers le monde pourraient accepter de se ranger derrière lui.
Henry Laurens, historien du monde arabe au Collège de France, parle à ce propos d'« invention de la tradition » au sens où « ce califat est aussi imaginaire que la façon dont Hollywood représente le Moyen Âge [...] on est en plein imaginaire de seconde zone [...] puisque ça n'a rien à voir avec la réalité historique du califat »12.

Notes et références

  1. En français, le mot califat provient du mot calife par adjonction du suffixe -at Cf. Dictionnaire de l'Académie française.
  2. Hervé Bleuchot, Droit musulman, Presses universitaires d’Aix-Marseille, p. 531-584.
  3. Clifford Edmund Bosworth, Historic cities of the Islamic world, éd. Brill, Leyde, 2007, p. 260-264
  4. (fr) Albert Ollé-Martin et Violaine Decang, Histoire de l'humanité : 600-1492, Volume 4 de Histoire de l'humanité, éd. UNESCO, 2008, p. 641-642 [archive]
  5. (en) Clifford Edmund Bosworth, op. cit. (lire en ligne [archive]), « The caliphs in Cairo 659-923/1261-1517 », p. 7-10, Janine & Dominique Sourdel, op. cit., « Abbassides, 749-1517 », p. 11 et Janine & Dominique Sourdel, op. cit., « Califat », p. 181 qui précise que le titre officiel de calife et de commandeur des croyants n'a jamais été pris par les Ottomans. C'est la constitution ottomane de 1876 qui prévoit que « le sultan en tant que calife est le protecteur de la religion musulmane. »
  6. (fr)Dustur :aperçu sur les constitutions des états arabes et islamiques, éd. Brill Archive, 1966, p. 17 [archive]
  7. Ali Mérad, Califat, une autorité pour l'islam ?, éd. Desclée de Brouwer, 2008, p. 112
  8. Anne-Laure Dupont, « Des musulmans orphelins de l'empire ottoman et du khalifat dans les années 1920 », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, Presses de Sciences Po, vol. 82, no 2,‎ , p. 43-56 (ISBN 2724629744, ISSN 0294-1759, DOI 10.3917/ving.082.0043, résumé [archive], lire en ligne [archive])
  9. Bernard Rougier, « L'islamisme face au retour de l'islam ? », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, Presses de Sciences Po, vol. 82, no 2,‎ , p. 103-118 (ISBN 2724629744, ISSN 0294-1759, DOI 10.3917/ving.082.0103, résumé [archive], lire en ligne [archive])
  10. (en) « www.fas.org » [archive], www.fas.org (consulté le 5 juin 2011)
  11. Ceci est la promesse d'Allah. [archive]
  12. Henry Laurens et Abdelwahab Meddeb, « Le chaos du Levant » [archive] [audio], sur France Culture, (consulté le 17 septembre 2014)

Annexes

Bibliographie

Articles connexes


vendredi 12 janvier 2018

El Khroub

El Khroub
Tombeau de Massinissa à El Khroub
Tombeau de Massinissa à El Khroub
Noms
Nom arabe الخروب
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Constantine
Daïra El Khroub
(chef-lieu)
Président de l'APC Abdelhamid Aberkane1
2012-2017
Code postal 25100
Code ONS 2506
Démographie
Population 179 033 hab. (20082)
Densité 732 hab./km2
Géographie
Coordonnées 36° 16′ 00″ nord, 6° 41′ 00″ est
Altitude 650 m
Min. 650 m
Max. 650 m
Superficie 244,65 km2
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya de Constantine.
Localisation de la commune dans la wilaya de Constantine.
Géolocalisation sur la carte : Algérie
Voir la carte topographique d'Algérie
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El Khroub
El Khroub (arabe: الخروب) est une ville de l'est de l'Algérie, située à quelques kilomètres de la ville de Constantine. El Khroub est connue par son site archéologique abritant le tombeau du roi Massinissa, autour duquel une nouvelle ville qui porte le même nom (Massinissa) est construite. Une deuxième nouvelle ville, Ali Mendjeli, a été construite sur le territoire de la commune.

Sommaire


Géographie

Localités

Outre son chef-lieu El Khroub-ville, la commune d'El Khroub est composée à sa création en 1984 des localités suivantes : Lambièche, Guettar El Aïch, Aïn El Bey, Dahbia, Kassandji, Salah Derradji, Baaraouia, Aïn Nahas, Aïn Leghda, Sidi Amor, Oullaza, Oued Hamim, Massine, Sidi Lakhdar, El Meridj, Draa Naga, Aïn Guerfa, Bouragba, Atfa, Sedjar, Legiuari, Zbir, Soumaâ, Guechguèche Ouest, Ferme Chibani, Chaabet El Khourchef, Tikbab, Bir Dekkiche, Ferme Kadri, Aïn Berda, Medalssou, Aïn Nachfa, Ferme Boulechfar, Aïn Kahla3.
Actuellement, la commune est composée de l'agglomération chef-lieu, El Khroub-ville, des agglomérations secondaires de Salah Derradji, Frères Brahmia, Oued hamimine, Guettar El Aïch, Chelia, Allouk Abdellah, Hay Aïn El Bey Cité 05, Ali Mendjeli (nouvelle ville), Aïn N'Hasse, Maoualkia et Kadri, et en zone éparse de la localité de Kadri Brahim4.

Histoire

À 10 km à l'est de la ville, sur la route nationale 20, se trouve le site de Bou Nouara connu pour ses dolmens5.

Démographie

El Khroub est la deuxième commune la plus peuplée de la wilaya de Constantine après Constantine6, selon le recensement général de la population et de l'habitat de 2008, la population de la commune est évaluée à 179 033 habitants contre 14 962 en 1977, c'est la commune de la wilaya de Constantine qui enregistre le plus fort taux de croissance annuel (7,3 % contre 1,5 % pour l’ensemble de la wilaya), sur la période 2008-19987.
Évolution démographique
1977 1987 1998 2008
14 962 42 261 88 498 179 033
(Source : recensement 8)
Population des agglomérations principales de la commune (2008) :
  • El Khroub : 90 122 habitants
  • Ali Mendjeli : 64 120 habitants
  • Salah Derradji : 7 349 habitants

Économie

La ville est connue par son marché hebdomadaire, considéré comme le deuxième de l'est algérien après celui de Tadjenanet (wilaya de Mila).
Elle est également connue par la présence du siège de la Bibliothèque de l'Imam zuuhri.

Jumelage

La ville de El Khroub entretient des relations de coopération décentralisée avec :

Références

Al Barâ ibn Malik



Al-Barâ b. Malik n'est autre que le frère du célèbre compagnon Anas b. Malik. Cependant, l'un et l'autre vécurent toute leur vie pour la cause de l'Islam. Anas est ce petit garçon-là que sa mère Oum Soulaym avait mis au service du Messager , alors qu'il n'avait pas encore dix ans. Le jour où elle l'avait présenté, elle avait dit : « Ô Messager de Dieu, voici Anas. Il sera ton serviteur. Invoque Dieu pour lui. »
Alors, le Messager l'embrassa entre les yeux et fit cette invocation : « Dieu! démultiplie-lui sa fortune et ses enfants, accorde-lui ta bénédiction et fais-le entrer au Jardin. » Cette invocation fut entendue par Dieu et elle se concrétisa, puisque Anas vécut 99 ans, eut une nombreuse famille composée de fils et de petits-fils, ainsi qu'un grand jardin qui donnait sa récolte deux fois par an.
* * *
Quant à son frère al-Barâ, il mena une vîe de combattant sur le chemin de Dieu. Il n'avait comme slogan, comme cri de ralliement que « Dieu et le Jardin. » Dans son combat contre les polythéistes, il n'était pas de ceux qui cherchaient la victoire : son seul but était toujours de mourir en martyr. C'est pourquoi il ne râta aucune expédition. Une fois, il avait dit à des amis qui lui rendaient visite : « Peut-être avez-vous peur que je meure sur ma couche. Par Dieu, non. Mon seigneur ne me privera pas d'une mort de martyr. »
Et en effet, Dieu lui avait accordé cet honneur dans l'une des plus belles batailles de l'Islam.
* * *
Son empressement à aller au devant de la mort poussa Omar b. al-Khattab à recommander de ne pas lui donner un poste de responsabilité dans les troupes musulmanes. Lors de la bataille d'al-Yamama, quand le cours de hostilités pencha en faveur des apostats, al-Barâ lança ces mots avec fermeté : « Médinois! vous n'avez plus à penser à Médine, aujourd'hui. Vous avez plutôt Dieu, ainsi que le Jardin! » Son intervention fit en peu de temps l'effet qu'il escomptait, puisque les musulmans se ressaisirent et reprirent l'intiative. Les polythéistes ayant opéré un recul tactique dans un jardin bien barricadé, al-Barâ surplomba un tertre et cria : « Musulmans! soulevez-moi et jetez-moi sur eux, dans le jardin! » N'était-il pas un homme qui recherchait une mort de martyr ? D'autant plus qu'il n'avait pas attendu l'aide de ses compagnons, pour escalader le mur, sauter dans le jardin et ouvrir la porte...
Certes, dans cette bataille, il reçut plus de 80 blessures. Mais il ne put triompher du but qu'il poursuivait. Après la bataille, il garda le lit durant tout un mois.
* * *
Par la suite, dans l'une des batailles d'Irak contre les Perses, alors que les musulmans attaquaient le fort ennemi, al-Barâ b. Malik vit son frère Anas hâpé et soulevé par d'énormes tenailles rougeoyantes. Il accourut vite au secours de son frère qui ne pouvait pas se dégager, retint de ses mains nues les tenailles qui essayaient de monter avec «la proie», les bouscula avec énergie si bien qu'il put libérer son frère. Puis, il regarda ses paumes : il se rendit alors compte qu'elles s'étaient toutes décharnues. Il lui fallut une autre période de convalescence pour guérir.
* * *
Le valeureux compagnon eut enfin rendez-vous avec sa dernière bataille, qui eut lieu à Toustour. Pour cette bataille, le khalife Omar b. al-Khattab envoya à Saâd b. Abou Waqas un écrit lui intimant l'ordre de diriger une armée d'al-Koufa al-Ahouaz, comme il envoya le même ordre à Abou Mousa al-Achâry qui était alors gouverneur d'al-Basra. Il avait dit dans sa lettre à ce dernier : « Désigne Souhayl b. Ady et envoie avec lui al-Barâ b. Malik. » Effectivement, al-Barâ était présent, et son frère Anas aussi.
Au plus fort de la bataille, un compagnon se rapprocha de lui et dit : « Ô al-Barâ! tu te rappelles le propos du Messager : "Peut-être qu'il y a des ébouriffés couverts de poussière (...) à qui on n'accorde pas de l'importance. S'il invoquent Dieu, Dieu exauce leur demande. Parmi eux, il y a al-Barâ b. Malik. »
« Ô al-Barâ! invoque ton seigneur pour qu'il les batte et qu'il nous accorde la victoire. » Al-Barâ leva les mains au ciel et dit : « Dieu! permets-nous d'avoir le dessus sur eux ; Dieu! mets-les en déroute et accorde-nous la victoire. Et fais en sorte que je rejoigne aujourd'hui ton prophète. » Quand la bataille se termina par la victoire des musulmans, on retrouva al-Barâ étendu, inerte à côté de son épée.
Il avait enfin atteint ce qu'il voulait toujours avec ardeur.

Trois surveillants de la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil agressés par un détenu islamiste

RTL MIDI : Trois surveillants de la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil agressés par un détenu islamiste ; Faut-il inscrire la baguette de tradition française au Patrimoine immatériel de l'Unesco ?

Stéphane Carpentier et Christelle Rebière Les auditeurs ont la parole
Les auditeurs ont la parole du 12 janvier 2018
Crédit Média : RTLnet Crédit Image : AFP / ERIC FEFERBERG
Le cerveau des attentats de Djerba de 2002, l'islamiste allemand Christian Ganczarski, a agressé et légèrement blessé hier trois surveillants de la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), qui doit accueillir prochainement Salah Abdeslam.  

Les faits se sont produits vers 16H00, à l'ouverture de sa cellule. Cet islamiste de 51 ans, en fin de peine, mais qui s'était fait notifier une demande d'extradition vers les Etats-Unis, a agressé ces agents "à l'aide d'un ciseau à bout rond et d'une lame de rasoir", selon Alain Jégo, directeur interrégional des services pénitentiaires.

Quatre agents ont tenté de le maîtriser et trois ont été blessés, au cou, au bras et au cuir chevelu. En fin de journée, tous étaient sortis de l'hôpital. "Il y avait une volonté d'agresser pour différer ou mettre en difficulté" sa possible extradition.

"Il y a une énorme colère qui monte", a déclaré Jean-François Forget, secrétaire général de l'Ufap-Unsa Justice. "Nous allons vers une action nationale. On n'a pas les moyens de garder des profils pareils", a-t-il dit.

"On savait qu'il passerait à l'acte, des écoutes le laissaient transparaître. Il a été mis à l'isolement vendredi soir et bizarrement le lundi, la direction a levé ces mesures", a dénoncé Grégory Strzempek, délégué syndical Ufap-Unsa Justice.

Peu après l'agression, la section antiterroriste du parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête pour tentatives d'assassinats sur personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste. 

Christian Ganczarski avait été condamné en 2009 à 18 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises spéciale de Paris, pour complicité dans l'attentat de la synagogue de Djerba (Tunisie) en avril 2002, qui avait fait 21 morts dont plusieurs Français. Converti à l'islam, il en était considéré comme son organisateur. 

Ganczarski est également ancien responsable de la maintenance et du cryptage des réseaux de communication d'Al-Qaïda et a vécu aux côtés de Ben Laden en Afghanistan. 
                 
La présidente du Front national (FN) Marine Le Pen a immédiatement annoncé sa venue ce matin sur place, affirmant qu'il s'agissait d'"une étape supplémentaire dans l'ultra-violence dans un centre pénitentiaire déjà tristement célèbre pour les agressions régulières d'agents par des détenus radicalisés".

Le centre de Vendin-le-Vieil, à une trentaine de kilomètres au sud de Lille, a été inauguré en mars 2015 et abrite actuellement 100 détenus.

Début février, cette prison doit accueillir Salah Abdeslam le temps de son procès à Bruxelles pour une fusillade commise dans la capitale belge en mars 2016 pendant sa cavale.

Abdeslam est l'unique survivant des commandos jihadistes auteurs des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, qui ont fait 130 morts. 

Deuxième Fitna

La Deuxième Fitna est le deuxième schisme politico-religieux à l'intérieur de l'islam, conduisant à une guerre civile, et correspond à une période d'instabilité générale politique et militaire qui frappe l'empire musulman au début de la dynastie omeyyades après la mort du premier calife omeyyade, Muʿāwiya Ier. Il semble qu'il n'y ait pas de solide consensus quant à la durée exacte du conflit. Plusieurs historiens fournissent des dates différentes. Certains marquent la fin du règne de Muʿāwiya comme le début du conflit tandis que d'autres préfèrent dater le déclenchement des hostilités à l'année 683, après la mort de Yazīd Ier, le fils de Muʿāwiya. De même, la fin du conflit n'est pas précisément située. Certains la placent en 685 (date de l'arrivée au pouvoir d'Abd Al-Malik) et d'autres vont jusqu'à la situer en 692 (après la mort d'`Abdullah ibn az-Zubayr et la fin de sa révolte). Toutefois, le conflit est le plus souvent daté entre 683 et 685.
La Deuxième Fitna est un événement complexe au sein du monde musulman car il implique un grand nombre d'événements qui ne semblent pas directement liés les uns aux autres. Un bref résumé des faits majeurs de cette période peut toutefois être fait.
Muʿāwiya, le premier calife omeyyade meurt en 680 et c'est son fils Yazid qui lui succède. Ce dernier fait face à l'opposition des partisans d'Al-Hussein ibn Ali, le petit-fils du prophète Mahomet et le fils de l'ancien calife Ali ibn Abi Talib qui a été assassiné. Hussein et plusieurs de ses plus proches partisans sont tués par les troupes de Yazid et à la bataille de Kerbala, qui est souvent perçue comme la rupture définitive entre le chiisme et le sunnisme et qui est encore aujourd'hui commémorée par les Chiites lors du jour d'Achoura.
Après ces événements, Yazid fait face à une deuxième révolte d'Abdullah ibn az-Zubayr, le fils de al-Zubayr ibn al-Awwam, un Sahaba et d'Asmaa bint Abu Bakr. Cette rébellion est souvent vue comme une tentative de revenir aux valeurs de la première communauté musulmane. Elle est soutenue par des opposants au règne des Omeyyades. Après la mort soudaine de Yazid et de son fils Mu'awiya II en 683, Ibn al-Zubayr bénéficie d'une importante reconnaissance au sein du califat. En Syrie, Marwan ibn Hakim, un cousin de Mu'awiya Ier, est déclaré calife mais son règne ne dure que deux ans car il décède en 685. C'est son fils Abd Al-Malik qui lui succède. Dans le même temps, Ibn al-Zubayr est isolé dans les régions de Tihama et de l'Hedjaz où les rebelles kharidijites établissent une principauté indépendante au centre de l'Arabie en 684.
D'autres soulèvements kharidjites ont lieu en Irak et en Iran pendant que les Chiites se révoltent à Koufa pour venger la mort d'Husayn et défendre d'autres fils d'Ali comme candidats au califat. Finalement, l'ordre est restauré par les forces syriennes soutenant Abd al-Malik. Ce dernier parvient à vaincre tous ses rivaux et son armée tue Ibn al-Zubayr en 692, ce qui met fin à cette période fortement perturbée.