Un hadith ou hadîth1 (en arabe : حديث / ḥadīṯ, prononcé : ħadí:θÉcouter, pluriel ʾaḥādīṯأحاديث) est une communication orale du prophète de l'islamMahomet et, par extension, un recueil qui comprend l'ensemble des traditions relatives aux actes et aux paroles de Mahomet et de ses compagnons,
précédées chacune d'une chaîne de transmetteurs remontant jusqu'à
Mahomet. Considérées comme des principes de gouvernance personnelle et
collective pour certains courants musulmans, ils sont aussi désignés sous le nom de « la tradition du Prophète »2. Les hadiths auraient été rapportés par près de 50 000 compagnons3.
Le muhaddith4 est un savant de l'islam spécialiste de la science du hadith.
Le râwî5 est le transmetteur de hadith, c'est l'un des chaînons de l'isnâd.
En étudiant l'isnad et la fiabilité des rouwwât (pluriel de râwî) le
composant, un muhaddith peut évaluer l'authenticité d'un hadith.
En dehors de quelques hadiths « sacrés », considérés comme les paroles de Dieu adressées directement à Mahomet et rapportées par celui-ci, les hadiths sont les paroles et actions attribuées au prophète et non une parole divine.
Avec les préceptes du Coran, les hadiths forment la sunna
d'où le nom d'islam sunnite pour le courant orthodoxe. Les hadiths ont
été rapportés dans divers recueils par des musulmans fidèles. Certains
auteurs en ont recensé plus de 700 000.
Beaucoup de ces citations étant suspectes, leur crédit est fonction de
l'étude du contenu et de la chaîne de transmission. Cette chaîne des
témoins est appelée isnad. Ces différents recueils alimentent en partie l'opposition entre chiites et sunnites en particulier. Il existe à ce jour environ 100 000 hadiths sahîhs, c'est-à-dire reconnus comme « authentiques » (voir plus bas).
Les hadiths comme sources historiques
Les
Hadiths ont été mis à l'écrit à la fin du Ier siècle après Mahomet. À
la fin du IIème siècle, une chaîne de transmission devient un élément
essentiel du hadith. Au IVème siècle, un corpus officiel prend forme.6 Les bibliographies n'apparaissent qu'à partir du IXe siècle. Cette différence temporelle rend difficile une critique historique.
Plusieurs chercheurs ont démontré que certains hadiths sont composés
d'éléments plus récents que Mahomet et qui lui ont été attribués
postérieurement7.
Schacht considère que, de manière générale, plus une chaîne de
transmission paraît "parfaite", plus le hadith est tardif. En
particulier, les transmissions familiales sont des "indications
positives que la tradition en question n'est pas authentique"7.
Classification
Les
spécialistes musulmans de la science du hadith ont mis en place
plusieurs types de classifications. Parmi les plus connues la
classification selon la fiabilité, la classification selon la référence
d'une autorité particulière, la classification selon « l’étendue ».
Celles-ci ne sont pas applicables dans le cadre d'une critique
historique.
Classification selon la référence
Sacrés (Qudsî8). Ces hadiths sont considérés comme rapportant la parole divine par le biais du prophète de l'islam, Mahomet.
Élevés (Marfou'9). Ces hadiths sont les récits du prophète de l'islam, commençant par exemple par « J'ai entendu le prophète dire … ».
Arrêtés (Mawquouf10). Ces hadiths sont les récits de compagnons qui commencent par exemple par « On nous a ordonné de … ».
Coupés (Maqtou'11). Ces hadiths émanent des successeurs directs des compagnons.
Classification selon la fiabilité
Il s'agit d'une classification par le degré de recevabilité12. Certains auteurs, comme al-Bukhârî,
ont classé les hadiths comme « authentiques » ou « acceptables »,
d'autres étant simplement rejetés. Les hadiths authentiques sont
rapportés avec les chaînes des témoins13.
Faibles (Dha'îf18). Ces hadiths ont une chaîne de transmission fragile et sont souvent apocryphes.
Inventés, forgés ou fabriqués (Mawdû'19).
Ces hadiths sont faux, leurs textes allant à l'encontre des normes
établies pour les paroles du prophète de l'islam, ou la chaîne de
transmission comprend au moins un menteur.
Classification selon « l’étendue »
Il s'agit d'une troisième classification promulguée dans l'école Hanafite. Elle est encore plus sévère que celle des autres écoles de la « sunna »[réf. nécessaire]. Cette classification tient compte de « l’étendue » des Hadiths dans le monde : Mach'hur qui veut dire « connu de tous ».
Ce critère juge la recevabilité des hadiths selon le nombre de
transmetteurs « fiables » existant dans un espace géographique distinct.
Sources
Certains recueils furent compilés précocement et d'autres plus tardivement ainsi Al Sahifah al Sahihah de Hammam bin Munabbih20 compte parmi les ouvrages rédigés par les compagnons de Mahomet, ici rédigé, avant 678 (an 58 du calendrier hégirien), sous la dictée d'Abu Huraira par un disciple du compagnon. Le al-Muwatta d'imam Malik (715-795) et le al-Musnad d'Ahmed ben Hanbal (780-855) comptent parmi les ouvrages intégraux les plus anciens.
Recueils de hadiths de compagnons de Mahomet
Abu Bakr as-Siddiq, premier calife, aurait compilé 500 hadiths qu’il aurait détruits par crainte d’insérer des fautes21.
Amr ibn Hazm, gouverneur du Yémen du temps de Mahomet, a compilé tout un opuscule qui est parvenu intégralement22.
Sa'd ibn Ubadah(en) rédigea également un ouvrage de hadiths que sa descendance conserva25.
`Abdallāh ibn `Abbās,
fils de l’oncle de Mahomet, a laissé de nombreux livres de hadiths à sa
mort, il laissa toute une charge de chameau de ses compilations26.
Il y a six principaux recueils de hadiths considérés comme références chez les sunnites ; on les appelle les « six livres » (kutûb al-sitta)35 ou les « six (les plus) authentiques » (sihha al sitta). Deux d'entre eux sont considérés comme intégralement authentiques (les sahihayn) et les hadiths répertoriés et acceptés par ces deux imams reçoivent parfois la qualification « d'opinion jointe » (Muttafaqun 'alaih).
Les
zaydites reconnaissent bon nombre de hadiths sunnites mais disposent
également de leurs propres ouvrages de hadîth relatés prioritairement
par les Ahl al-Kisa
que sont Fâtimah, 'Alî, Hasan et Husayn. Voici quelques-uns des
ouvrages considérés comme rapportant exclusivement des hadîth
authentiques :
Il
faut noter qu'al-Bukhari était perse, et donc que ses hadiths sont
largement admis par la communauté chiite, majoritairement perse en
islam. Les chiites
ont également des recueils de hadiths plus tardifs, recueillant
principalement les paroles des imams de la lignée de Mahomet par Ali et
Fatima :
Dans
l'idéologie chiite, la place des hadiths est largement secondaire par
rapport au Coran, seule révélation considérée d'origine divine dans
l'islam et donc auto-suffisante.[réf. souhaitée]
Ibadites
Les ibadites (dissidence des kharidjites) reconnaissent bon nombre de hadiths sunnites. Cependant, le principal recueil accepté par ces derniers est le suivant :
Le recueil d'al-Jami'i al-Sahih, contenant 1 005 hadiths.
↑Arabe : daraja al-qabûl, درجة القبول : degré de recevabilité
↑Selon Ibn Khaldoun, on aurait dénombré jusqu'à 750 000 hadith. Mohammed al-Bukhârî, pour sa part, n'en retient que 7 200 (Ibn Khaldoun, al-Moqaddima, trad. Vincent Monteil, Commission libanaise pour la traduction des chefs-d'œuvre, Beyrouth, 1968, t. II, p. 915.
↑(en) Hammām ibn Munabbih, Muhammad Hamidullah, Muhammad Rahimuddin, Sahifah
Hammam ibn Munabbih: the earliest extant work on the Hadith :
comprising as-Sahifah as-Sahihah of Abu-Hurairah (d. 58H./677) prepared
for his pupil Hammam Ibn Munabbih (d. 101H./719), together with an
introduction to the history of the early compilation of the Hadith, Apex, , 158 p. (présentation en ligne [archive])
↑1er
éd. dans RAAD en 1953. Abu Hurayrah avait également écrit de nombreux
livres de hadiths selon les sources diverses.Ibn ‘Abd al Barr, ‘’Jâm
bayan al’ilm’’, I : 4 ; Fath’al Bari, I : 174.
↑Hadyu's-Sârî, Muqaddimatu Fathi'l-Bârî, 2 tomes, Caire 1383 /1964. Tome II, page 185.
↑Ahmad ibn Hanbal, al-Müsned, 6 tomes, Caire 1313/1912, Tome V, page 413, 423
↑Ibn Khaldoun, Discours sur l'histoire universelle '(al-Muqaddima),
trad. Vincent Monteil, Commission libanaise pour la traduction des
chefs-d'œuvre, Beyrouth, 1968, tome II, pp. 632-678. Le Mahdi est appelé
le Fâtimide dans Ibn Khaldûn (trad. Abdesselam Cheddadi), op.cit., vol. I, « À propos du Fâtimide », p. 652-681
↑(en) C. E. Bosworth, M.S. Asimov, History of Civilizations of Central Asia, vol. 4, Delhi, Motilal Banarsidass Publ., , 745 p. (ISBN978-81-208-1596-4, lire en ligne [archive]), p. 102
↑Nous possédons deux sources différentes du Sunnan-i abu Dawud ; 1) le manuscrit nommé Concordance, en arabe al-Mu'jamu'1-mufehres li alfâzdhi'l-hadsi'n-Nabawî
contenant 40 chapitres et 1889 titres, 4800 hadiths. 2) la version de
Muhammed Muhyiddin Abdulhamid comptant : 35 chapitres, 1871 titres et
5274 hadiths. ((ar)/(tr)Sünen-i Ebu Davud Terceme ve Şerhi, Traduction de l'arabe au turc : Necati Yeniel & Hüseyin Kayapınar, 8930 pages (Şamil Yayınevi) : 1/XXXV.)
↑Abdu Dawud signale qu'il a précisé dans son Sunnan la plupart des hadiths faibles qu'il y a recueillis. ((ar)/(tr)Sünen-i Ebu Davud Terceme ve Şerhi, Traduction de l'arabe au turc : Necati Yeniel & Hüseyin Kayapınar, 8930 pages (Şamil Yayınevi): 1/XXXV.)
↑Ibn Majah n'est pas cité dans Ibn Khaldûn (trad. Abdesselam Cheddadi), op. cit., vol. I, « Sciences relatives à la Tradition », p. 863.
(en) Abdul Hameed Siddiqui, Ṣaḥiḥ
Muslim ; being traditions of the sayings and doings of the prophet
Muhammad as narrated by his companions and compiled under the title
al-Jāmiʻ-uṣ-ṣaḥīḥ, vol. 1, Sh. Muhammad Ashraf, , 1613 p. (présentation en ligne [archive])
(en) Abdul Hameed Siddiqui, Ṣaḥiḥ
Muslim ; being traditions of the sayings and doings of the prophet
Muhammad as narrated by his companions and compiled under the title
al-Jāmiʻ-uṣ-ṣaḥīḥ, vol. 2, Sh. Muhammad Ashraf, , 1613 p. (présentation en ligne [archive])
(en) Abdul Hameed Siddiqui, Ṣaḥiḥ
Muslim ; being traditions of the sayings and doings of the prophet
Muhammad as narrated by his companions and compiled under the title
al-Jāmiʻ-uṣ-ṣaḥīḥ, vol. 3, Sh. Muhammad Ashraf, , 1613 p. (présentation en ligne [archive])
(en) Abdul Hameed Siddiqui, Ṣaḥiḥ
Muslim ; being traditions of the sayings and doings of the prophet
Muhammad as narrated by his companions and compiled under the title
al-Jāmiʻ-uṣ-ṣaḥīḥ, vol. 4, Sh. Muhammad Ashraf, , 1613 p. (présentation en ligne [archive])
Georges Vajda, « Juifs et musulmans selon le hadith », Journal asiatique, CCXXIX, janvier-mars 1937, p. 57-127
Hier soir, le magazine de Bernard de la Villardière, "Enquête Exclusive" sur M6 était consacré aux Seychelles.
Mais dans ce documentaire, un axe choisi sur l'Islam a passablement agacé les téléspectateurs.
Beaucoup n'ont pas caché leur colère sur les réseaux sociaux envers
le présentateur et la rédaction de l'émission, ne comprenant pas
pourquoi cela a été abordé dans u