mardi 29 mai 2018


L'insaisissable Marwan Muhammad, passé de "l'islamophobie" à "l'islam de France"

publié le , mis à jour à
L'ancien directeur du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) Marwan Muhammad, le 23 mai 2018 à Paris
L'ancien directeur du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) Marwan Muhammad, le 23 mai 2018 à Paris
afp.com/JOEL SAGET

Paris - L'ex-directeur du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) est en pleine lumière : Marwan Muhammad mène une "consultation des musulmans" qui est pour ses détracteurs la preuve d'un "agenda caché" islamiste, ce dont il se défend tout en entretenant le mystère sur ses projets.

Le grand public a découvert à l'été 2016 cet activiste à l'aise face à la caméra devant le Conseil d'Etat, lors d'une victoire symbolique du CCIF : la suspension d'un arrêté anti-burkini, combinaison de bain islamique objet d'une vive polémique.
Aujourd'hui, ce statisticien de bientôt 40 ans - il les fêtera le 13 septembre -, n'assume plus de responsabilités au sein de cette association très militante, dont il a été porte-parole (2010-2013) puis directeur exécutif (2016-2017), de part et d'autre d'une mission de conseiller à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
Mais l'ex-trader polyglotte à la barbe fine et aux costumes décontractés, qui bénéficie de nombreux relais sur les réseaux sociaux où il est suivi par des dizaines de milliers d'internautes, n'a pas renoncé à descendre dans l'arène publique.
Dernier coup d'éclat, en plein chantier de structuration d'un "islam de France" : le lancement le 9 mai d'une "consultation des musulmans" pour connaître leurs attentes, une pierre dans le jardin du Conseil français du culte musulman (CFCM) victime selon lui d'une "interminable déshérence".
L'instance élue a évidemment peu goûté cette initiative "pas très fair play". Mais l'opération est déjà couronnée de succès, selon l'intéressé : 20.000 contributions enregistrées en quinze jours, complétées par une tournée dans des dizaines de lieux de culte.
"On n'avait jamais demandé leur avis aux mosquées : Marwan Muhammad a été assez intelligent pour le comprendre", estime Bernard Godard, ancien "Monsieur islam" du ministère de l'Intérieur. "Il occupe l'espace laissé vide par Tariq Ramadan", pris dans la tourmente d'accusations de viols. Evolue-t-il dans la mouvance islamiste des Frères musulmans ? "C'est un communautariste classique, qui joue sur le ressort de la victimisation et incarne un islam identitaire", nuance l'expert.
- "Bug sociologique" -
Sur Twitter, le Printemps républicain, très hostile aux "entrepreneurs identitaires" comme Marwan Muhammad, persifle régulièrement contre ce dernier, croqué en "nouveau RP (chargé de relations publiques) de l'islamisme +frériste+". En quoi ce mouvement laïque se trompe, estime le politologue Haoues Seniguer : "En ne faisant pas la différence entre différentes formes d'islam engagé, le Printemps républicain fait la courte échelle à Marwan Muhammad".
L'intéressé a beau jeu de se présenter en "musulman parmi d'autres" qui "jeûne" durant le ramadan et "prie", mais ne s'inscrit dans "aucun mouvement".
"Tout cet agenda d'islam politique, je le jette à la poubelle", assure-t-il à l'AFP. "Je n'ai pas de plan détourné. Si un jour je me présente en politique, ce ne sera sûrement pas sous une étiquette musulmane".
"Je suis un bug sociologique à cause de mes origines, de mon parcours social, du fait que je suis un scientifique qui sait écrire, s'exprimer en public... On a énormément de mal à me mettre dans une case", savoure ce père de famille nombreuse.
Né à Paris d'un père égyptien et d'une mère algérienne, Marwan Muhammad a suivi une scolarité dans le public mais aussi à l'école catholique : "J'y ai rencontré un catholicisme social bienveillant envers tous les élèves et une exigence sur les matières scientifiques : ça m'a cadré et m'est resté".
Passionné de musiques urbaines - il a été DJ -, il a passé cinq ans dans des salles de marchés financiers, qu'ils a quittées par "éthique religieuse".
Aujourd'hui, il assume des fréquentations musulmanes allant jusqu'à des imams très conservateurs, comme Nader Abou Anas ou Rachid Eljay (ex-Abou Houdeyfa). "Plus on est inclusif, plus on se donne les chances de réguler des idées marginales ou radicales", plaide-t-il. "Pour moi, le spectre de l'islam de France va de ces prédicateurs-là à Tareq Oubrou", l'imam libéral de Bordeaux.
Marwan Muhammad affirme ne rêver d'"aucun leadership au sein des communautés musulmanes". Sa "consultation" sera d'ailleurs sa dernière contribution à ces questions. "Je leur ai donné huit ans de ma vie, je peux passer à autre chose".
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Seldjoukides

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Dynastie des Seldjoukides
Büyük Selçuklu Devledi (tr)
Selçuklular / Selçükîler (tr)
سلجوقيان (fa)
الدولة السلجوقية (ar)
1037 – 1194
Description de cette image, également commentée ci-après
Extension maximale de l'empire des Seldjoukides en 1092 sous Malik Shah Ier.
Informations générales
Statut Monarchie
Capitale Nichapur
Ray
Langue Turc, persan, arabe (langue officielle), ouïghour
Histoire et événements
1037 Mise en place du régime par Toghrul-Beg
1194 Remplacement par la dynastie des Khwârezm-Shahs
Sultan
(1e) 1037-1063 Toghrul-Beg
(De) 1174-1194 Tuğrül III
Entités précédentes :
Les Seldjoukides, Seljoukides ou Saljûqides1 sont les membres d'une tribu turcique qui a émigré du Turkestan vers le Proche-Orient avant de régner sur l'Iran, puis sur un vaste domaine comprenant l'Irak actuel, et l'Asie Mineure, entre le milieu du XIe siècle et la fin du XIIe siècle.

Sommaire


Origines

Famille issue de la tribu turque oghouze des Kınık vivant à l'origine au nord de la mer d'Aral, les Seldjoukides, tribus nomades venues d'Asie centrale, régnèrent sur le royaume des Oghouzes (turc Oğuz) à partir de 990. Ils portaient le titre de « Yabgu » et leur territoire s'étendait sur environ un million de kilomètres carrés. Cette famille qui, auparavant, avait possédé le beylik de la tribu Kınık, fournissait le chef héréditaire de cet État, chef qui portait le titre de « subaşı ». Le subaşı Dukak Bey, tué vers 903, avait été remplacé par Selçuk (Seldjouk) Bey, chef éponyme de la dynastie. Les Seldjoukides se convertirent au sunnisme au Xe siècle, au moment où ils migrèrent vers le sud sous la conduite d'un chef nommé Seldjouk, et devinrent une forte puissance militaire. Ils s'emparèrent tout d'abord du Khorassan, une province de l'Est de l'Iran auparavant gouvernée par les Ghaznévides, et poursuivirent leur conquêtes à partir de cette base. En 1038, le petit-fils de Seldjouk, Tuğrul Bey, se proclama sultan de Nichapur, puis s'empara de Bagdad en 1055, libérant le calife abbasside de la pression chiite de la dynastie des Bouyides. Celui-ci confirma son titre de sultan.
Le neveu de Tuğrul Bey, Alp Arslan (1063-1072) lui succéda, fondant et administrant le Grand Empire seldjoukide (en) à partir de sa capitale, Ray (actuelle Téhéran). C'est sous son règne et celui de son fils Malik Shah Ier (1072-1092) que l'empire des Seldjoukides en Iran atteignit son apogée, grâce en partie à leur ministre persan, Nizam al-Mulk. En 1071, Alp Arslan vainquit l'empereur byzantin Romain IV Diogène à la bataille de Manzikert (Malazgirt) au nord de Van. Ce faisant, il donnait naissance à une autre branche de la dynastie : celle des Seldjoukides de Roum, ou d'Anatolie.
Jérusalem est à son tour prise en 1071 aux Fatimides par les Seldjoukides qui en changent unilatéralement le statut en 1078, déclenchant ainsi en Europe la mise en place de la première croisade (voir Casus belli).
Dès la fin du règne de Malik Shah, en Iran, la guerre civile reprit le dessus. Le Khorassan échappa à la tutelle turque à la mort de Mu`izz ad-Dîn Ahmad Sanjar (1118-1157) dans une révolte des Oghouzes, tandis que les atabeys (gouverneurs locaux) dirigeaient dans les faits l'Iran, l'Irak, la Syrie et la Jezirah, et que plusieurs lignées éphémères se créaient en Syrie et à Kerman. Le dernier sultan seldjoukide d'Iran, Tuğrul ibn Arslan (1176-1194), mourut dans la guerre qu'il avait imprudemment déclenchée face aux shahs du Khwarezm.
La lignée des Seldjoukides de Roum, quant à elle, perdura jusqu'en 1307, résistant tant bien que mal aux croisades et aux dissensions internes. Cependant, à partir de 1276 et de l'arrivée de l'Ilkhanide Abaqa, les Seldjoukides perdirent quasiment tout pouvoir, bien que la monnaie ait été frappée en leur nom jusqu'en 1302.
Une branche christianisée des Seldjoukides régna sur le royaume géorgien d'Iméréthie en la personne de David VI Narin né de l'union en 1224 de Muhammad Mughis ad-Dîn Ghias ad-din, fils d'Abulharis Mughis ad-Dîn Tugril Shah, prince d'Erzeroum (1201-1225), et petit-fils de Kılıç Arslan II avec la reine Rousoudan Ire de Géorgie2.

Civilisation

Dès le début de leur règne, les Seldjoukides se sont iranisés et ont adopté le persan comme langue officielle de leur empire.
Leur empire put étendre ses routes commerciales jusqu'aux rives de la mer Noire et de la Méditerranée.

Arbre de succession des sultans seldjoukides

Arbre généalogique des Seldjoukides.jpg

Première branche : les grands Seldjoukides (1038-1118)

Au Khorasan et en Transoxiane (1118-1157)

En Irak (1118-1194)

Deuxième branche : les Seldjoukides du Kerman (1041-1187)

Le Kerman est une province du sud de l'Iran.

Troisième branche : les Seldjoukides de Syrie (1078-1117)

À Damas

Article détaillé : Liste des émirs de Damas.

À Alep

Article détaillé : Liste des émirs d'Alep.

Quatrième branche : Les Seldjoukides de Rum ou d'Anatolie (1074-1307)

Articles détaillés : Sultanat de Roum et Guerres turco-byzantines.

Notes et références

  1. En persan : سلجوقيان ; en turc : Selçuklu.
  2. (en) Cyrille Toumanoff « The Fifteenth-Century Bagratids and the institution of the collegial sovereignty in Georgia » [archive] « Stemma of the Imeretian Seljukids » p. 183.

Voir aussi

Bibliographie

  • C.E. Bosworth, Les dynasties musulmanes, trad. Y. Thoraval, Actes Sud, coll. Sinbad, 1996.
  • Fazli Konuş, Selçuklular Bibliyografyası, Konya 2006, (ISBN 978-975-8867-88-2).
  • Dominique Farale, Les turcs face à l'occident : Des origines aux Seldjoukides, Economica, 2008 (ISBN 978-2-7178-5595-1).
  • Giovanni Curatola, L’Art seldjoukide et ottoman, Arles, France, Actes Sud, coll. « Albums », , 288 p. (ISBN 978-2-7427-9279-5).
  • Michel Balivet, Homa Lessan-Pezechki et René Mounier, Les Turcs seldjoukides d'Anatolie XIe-XIVe siècle : Une anthologie des sources premières, vol. 1 : Les sources persanes Ibn Bîbî, Presses universitaires, , 502 p. (ISBN 979-1-0320-0086-1).

Articles connexes

Liens externes